Que cet amas de poussière soit devenu un être vivant et conscient peut nous inciter à avoir une certaine considération ... tout autant que le reste du monde.
Ne pas se dévaloriser suppose un minimum de fierté, d'estime de soi.
Mais comment canaliser l'ego qui va nous inciter à transformer cette fierté élémentaire en orgueil ?
Le prince des orgueilleux qui va ainsi nous attirer n'est-il pas Satan en personne, Diable ou Lucifer, ange de lumière dont la prétention démesurée a engendré sa chute face au Créateur de l'univers ?
Paul va nous livrer quelques pistes pour nous garder d'une nouvelle chute ...
Ne pas se comparer aux autres ... mais à soi :
« Car si quelqu’un pense être quelque chose, lui qui n'est rien, il s’abuse lui-même.
Que chacun examine ses propres œuvres. Et s'il trouve un motif d'être fier, qu'il le soit par rapport à lui seul, et non par rapport à autrui. »
(Galates 6.3-4)
Il nous invite ainsi non pas à nous considérer supérieur ou inférieur à qui que ce soit, mais à nous demander comment être meilleur aujourd'hui par rapport à hier, et à faire en sorte de nous améliorer encore demain.
Rester prudent face à la connaissance :
« Si quelqu’un enseigne autre chose, et ne s’attache pas aux saines paroles de notre Seigneur Jésus Christ, il n'est pas en conformité avec la pieuse doctrine.
Aveuglé par l’orgueil, il ne sait rien. Il a un besoin maladif de discuter et de se quereller pour des mots. De là proviennent l’envie, les disputes, les blasphèmes, les soupçons malveillants. »
(1 Timothée 6.3-4)
Le développement des connaissances techniques et scientifiques peut être une source d'orgueil conduisant à remettre en question les fondements de notre foi.
Comme nous l'avons vu dans l'étude précédente portant sur "Ignorance et égarement", la connaissance humaine peut tuer la véritable connaissance : celle qui vient de l'Esprit et non de la chair !
« Voici donc ce que je dis et j'en atteste devant le Seigneur : ne vous conduisez plus comme les païens le font en suivant leur vaine intelligence ! » (Ephésiens 4.17)
2. La vantardise.
Selon Paul, les Galates étaient sollicités par des partisans de la circoncision.
Ceux-ci souhaitaient ainsi faire des adeptes de leur doctrine ...
« Car ceux qui sont circoncis, eux-mêmes, n'observent pas la loi, mais ils veulent que vous soyez circoncis afin de pouvoir se vanter de cette marque dans votre chair. » (Galates 6.13)
Il peut être tentant, quand on parvient à convaincre quelqu'un afin qu'il se convertisse, de se vanter de l'avoir gagné à notre cause.
Mais est-ce nous qui agissons, ou Christ qui agit en nous par la voie de l'Esprit Saint ?
Les "élus" de Dieu, les "sauvés" face aux "perdus", sont-ils donc si exceptionnels ?
Ont-ils été choisis, sont-ils des élus de Dieu depuis leur conception ?
Il semble plutôt que l'élection soit le fruit d'un hasard, d'un tirage au sort parmi une multitude ...
« En Lui nous avons aussi été tirés au sort, prédestinés suivant le projet de Celui qui accomplit toutes choses, selon le dessein de Sa propre volonté. » (Ephésiens 1.11)
Cette hypothèse de tirage au sort ne va guère satisfaire l'ego de beaucoup qui n'imaginent pas que Dieu puisse les avoir prédestinés par hasard.
Les traductions de la Bible ne retiennent pas cette notion de tirage au sort qui est pourtant le sens premier du terme grec "kleroo".
Albert Einstein a dit : "En tout cas, je suis convaincu que Dieu ne joue pas aux dés."
Il rejetait, à tort selon les scientifiques, la physique quantique qui laisse trop de place à l'aléatoire.
Considérer qu'un phénomène aléatoire, comme le tirage au sort, fut déterminant pour désigner ceux qui ont un ministère particulier dans l'Eglise a pourtant l'avantage d'écarter toute forme de vantardise.
« Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi. Et ceci ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Cela ne vient pas des œuvres, afin que personne ne se vante. » (Ephésiens 2.8-9)
Dans le déroulement du Plan de Dieu à l'égard de nos vies, les jalons qu'Il a dressés pour nous conduire vers Lui ne viennent donc pas de nos œuvres.
Notre intervention se limite, dans le cadre du libre arbitre, à une acceptation ou un refus de Sa main tendue :
« En effet, qui te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te faire valoir comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1 Corinthiens 4.7)
3. Prétentieux et prétentions.
Sans son épître, Jacques cite Proverbes 3.34 où il est écrit :
« Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il fait grâce aux humbles. » (Jacques 4.6)
Et Paul constate à juste titre combien les plus humbles ont pu recevoir le message de la foi à la différence des prétentieux qui se croient au-dessus de tout :
« Regardez-vous, frères, vous qui avez été appelés. Peu de sages selon les hommes, peu de puissants, peu de gens bien nés.
Mais Dieu a choisi ce qui semble fou au monde, afin de confondre les sages, et Dieu a choisi les faibles de ce monde, afin de confondre les forts.
Ce sont les déshérités du monde, ceux qui sont méprisés, que Dieu a choisis, les inexistants, afin d'anéantir ceux qui existent.
Ainsi aucune créature ne peut se valoriser devant Dieu.
C'est par Lui que vous, vous êtes dans le Christ Jésus. Il est devenu pour nous sagesse de Dieu, justice, sanctification et aussi rachat.
C'est pourquoi il est écrit : Celui qui se valorise, qu'il se valorise dans le Seigneur ! »
(1 Corinthiens 1.26-31)
Ne pas se valoriser, sauf dans le Seigneur, et ne pas considérer les prédicateurs comme Paul ou tout autre comme étant plus qu'ils ne sont.
Car ce ne sont pas eux qui se sont sacrifiés à la croix pour porter nos péchés ...
« Qu’est-ce donc qu’Apollos ? Qu’est-ce que Paul ? Des serviteurs, par lesquels vous avez cru, selon les dons que le Seigneur accorda à chacun.
Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître !
De ce fait, ni celui qui plante, ni celui qui arrose n'a d'importance, seul compte Dieu qui fait croître.
Celui qui plante et celui qui arrose forment une même unité. Chacun recevra son salaire en propre en fonction de son propre travail.
Car nous sommes des collaborateurs de Dieu, dans le champ de Dieu, vous êtes l'édifice de Dieu.
Selon la grâce que Dieu m'a donnée, j'ai posé les fondations comme un architecte avisé, un autre a bâti dessus. Que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit.
Quant au fondement, personne ne peut en poser d'autre à côté de Celui qui se trouve là : Jésus Christ !
Sur ce fondement, chacun peut édifier de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, du bois ou de la paille.
L'œuvre de chacun sera manifeste le jour venu, car c'est le feu qui la révèlera, et chaque œuvre sera éprouvée par le feu.
Celui dont l'œuvre, qu'il a édifiée dessus, résistera, celui-là recevra un salaire.
Celui dont l'œuvre sera consumée en subira la conséquence. Il sera cependant sauvé, mais comme on l'est à travers le feu. »
(1 Corinthiens 3.5-15)
En s'alignant sur Jésus, la pierre de l'angle, chacun sera rétribué selon ses œuvres.
Et ceux qui auront eu la prétention de se mettre en valeur, de se recommander, seront parmi les moins bien rétribués ...
« Allons-nous à nouveau nous recommander nous-mêmes ? Ou bien aurons-nous besoin, comme ceux qui portent des lettres, d'être recommandés auprès de vous ou par vous ?
C'est vous qui êtes notre lettre, écrite dans nos cœurs, portée à la connaissance pour être lue par tous les hommes.
Il est manifeste que vous êtes une lettre du Christ, pour notre service, écrite non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, dans vos cœurs.
Telle est notre assurance, grâce au Christ, devant Dieu.
Nous ne pouvons mettre à notre compte une quelconque capacité venant de nous-mêmes, car nos capacités viennent de Dieu.
C'est aussi Lui qui nous a rendus capables d'être ministres de la nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'Esprit. Car la lettre tue, tandis que l'Esprit donne la vie. »
(2 Corinthiens 3.1-6)
Ce sont les fruits consécutifs à ce que Paul a semé qui produisent sa meilleure recommandation :
« Car nous n'aurons pas l'audace de nous comparer et d'égaler ceux qui se recommandent eux-mêmes. Ils ne comprennent pas qu'ils sont leur propre mesure et se comparent à eux-mêmes.
Quant à nous, nous n'allons pas nous faire valoir au-delà de toute mesure, mais nous allons nous mesurer en vertu de la règle que Dieu nous a assignée pour mesure en nous conduisant jusque chez vous.
En effet, nous ne dépassons pas nos limites, comme si nous n'étions pas venus chez vous, puisque nous sommes bien arrivés jusqu'à vous avec l'Evangile du Christ.
Ce n'est donc pas d'une façon démesurée que nous nous mettons en valeur par les œuvres des autres, mais, avec les progrès de votre foi, nous pouvons grandir de plus en plus parmi vous, selon notre règle.
Et ceci en annonçant l'Evangile sur des terres au-delà de chez vous, sans nous valoriser par les œuvres préparées par d'autres.
"Celui qui se valorise, qu'il se valorise dans le Seigneur !"
Car ce n'est pas celui qui se recommande lui-même qui est approuvé, mais celui que le Seigneur recommande. »
(2 Corinthiens 10.12-18)
Et celui que le Seigneur recommande produira nécessairement de bons fruits :
« Plantez un bon arbre, et son fruit sera bon. Plantez un arbre pourri, et son fruit sera pourri. En effet, c'est au fruit que l'on reconnaît l’arbre. » (Matthieu 12.33)
4. Ne pas juger.
L'orgueil et autres prétentions conduisent l'individu à se croire supérieur aux autres.
Et quand on se croit au-dessus, meilleur, ou plus juste, on est facilement tenté de juger les autres ...
« C'est pourquoi tu es inexcusable, ô homme, qui que tu sois, toi qui juges. Car en jugeant l'autre, tu te condamnes toi-même, puisque, toi qui juges, tu commets les mêmes actes.
Nous savons que le jugement de Dieu s'exerce selon la vérité contre ceux qui commettent de telles choses.
Espères-tu, ô homme, toi qui juges ceux qui les commettent en faisant de même, que tu échapperas au jugement de Dieu ? »
(Romains 2.1-3)
Surtout, ne pas juger, mais s'observer en toute humilité pour identifier ses propres faiblesses ...
« Ne jugez pas afin que vous ne soyez pas jugés.
En effet, vous serez jugés du jugement par lequel vous jugez, et vous serez mesurés de la mesure par laquelle vous avez mesuré.
Que regardes-tu la paille dans l'œil de ton frère, ne remarques-tu pas la poutre dans ton œil ?
Comment peux-tu dire à ton frère : "Laisse, je fais sortir la paille de ton œil" ? Or voici, la poutre est dans ton œil !
Hypocrite, fais d'abord sortir la poutre de ton œil et alors tu verras clairement pour faire sortir la paille de l'œil de ton frère. »
(Matthieu 7.1-5)