Les fruits de l'Esprit

Le travail et le bénévolat




Dans toute société, le fait de travailler est une nécessité afin de produire les biens de consommation courante ou des biens plus durables.

Mais le travail est souvent perçu comme une contrainte, voire une malédiction si l'on se réfère à ce que le Créateur dit à Adam :

« La terre est maudite à cause de toi. C’est dans la douleur que tu t'en nourriras tous les jours à vivre. » (Genèse 3.17)

1. Le travail.

Du fait de cette malédiction consécutive à la faute du premier couple humain, Paul écrit à ce sujet :

« Car nous savons que la création tout entière gémit et souffre depuis toujours des douleurs de l'enfantement. » (Romains 8.22)

Mais il faut assumer le péché de l'humanité et faire preuve de bonne volonté face au travail :

« Quelle que soit votre activité, travaillez de bon cœur comme pour le Seigneur, et non pour les hommes. » (Colossiens 3.23)

Travailler est un devoir, et le salaire est un droit :

« Pour celui qui est à l'ouvrage, le salaire n'est pas compté comme une grâce, mais comme un dû. » (Romains 4.4)

Aussi est-il logique que les prédicateurs soient rémunérés au sein de l'Eglise :

« Que celui à qui l’on enseigne la parole donne une part de tous ses biens à celui qui l’enseigne. » (Galates 6.6)

Pour appuyer cette position, Paul cite notamment Deutéronome 25.4 :

« Les anciens qui dirigent bien l'Eglise sont dignes d'un double honneur, surtout ceux qui peinent au ministère de la parole et de l'enseignement.

En effet, l'Ecriture dit ceci : "Tu ne muselleras pas le bœuf foulant le grain" et aussi : "L'ouvrier mérite son salaire". » (1 Timothée 5.17-18)

Pour sa part, Paul a renoncé à ses droits :

« N'avons-nous pas le droit de manger et de boire ?

N'avons-nous pas le droit de prendre une sœur pour épouse, comme le font aussi les autres apôtres, les frères du Seigneur et Céphas ?

Ou bien, Barnabas et moi serions-nous les seuls à ne pas pouvoir être dispensés de travailler ?

Qui a jamais effectué un service militaire à ses propres frais ? Qui plante une vigne sans manger de son fruit ? Ou bien, qui fait paître un troupeau sans se nourrir du lait de ce troupeau ?

Est-ce que je dis cela selon des règles humaines ou bien la loi dit-elle la même chose ?

Car dans la loi de Moïse, il est écrit : "Tu ne muselleras pas le bœuf foulant le blé." Dieu se soucie-t-il des bœufs ?

Ou bien est-ce à cause de nous seuls qu'Il parle ainsi ? En effet, c'est pour nous qu'il fut écrit que le laboureur se doit de labourer dans l'espérance tout comme celui qui foule le grain dans l'espérance de recevoir sa part.

Si nous avons semé pour vous les biens spirituels, est-ce excessif si nous moissonnons auprès de vous des biens terrestres ?

Si d'autres détiennent ce droit sur vous, pourquoi pas nous à plus forte raison ? Mais nous n'avons pas usé de ce droit. Au contraire, nous supportons tout, afin de ne pas susciter quelque obstacle à l'Evangile de Christ.

Ne savez-vous pas que ceux qui assurent le service du culte se nourrissent de ce qui provient du temple, et que ceux qui servent à l'autel en prennent leur part ?

Aussi, le Seigneur a prescrit à ceux qui annoncent l'Evangile, de vivre de l'Evangile.

Moi, je n'ai usé d'aucun de ces droits, et je n'écris pas cela afin d'en profiter. Car il serait préférable pour moi de mourir plutôt que de me dévaloriser en me mettant en valeur.

Car si j'évangélise, ce n'est pas pour me mettre en valeur : c'est une nécessité qui s'impose à moi ! Quel malheur, en effet, ce serait pour moi si je n'évangélisais pas !

En effet, si je fais cela de plein gré, j'en retire un salaire. Mais si j'y suis obligé, c'est une charge qui m'est confiée.

Quel est donc mon salaire ? C'est d'annoncer gratuitement la Bonne Nouvelle en proposant l'Evangile sans user des droits que l'Evangile me confère. » (1 Corinthiens 9.4-18)

2. Le bénévolat.

En renonçant à ses droits, Paul devenait un bénévole et il agissait en conformité avec cette consigne de Jésus :

« Guérissez les malades, réveillez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » (Matthieu 10.8)

Mais Paul va être confronté à ce monde où règne la cupidité, entre autres péchés ...

« Jamais, en effet, nous n’avons usé de paroles flatteuses, comme vous le savez, avec la cupidité pour mobile, Dieu en est témoin.

Nous ne cherchons pas non plus la gloire qui vient des hommes, ni de vous ni des autres.

Nous aurions pu nous imposer comme apôtres de Christ. Mais nous sommes restés parmi vous comme des enfants. C'est ainsi qu’une nourrice soigne tendrement ses propres enfants.

Pleins d'affection envers vous, nous avons jugé bon de partager avec vous non seulement l’Evangile de Dieu, mais aussi notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers.

Rappelez-vous, frères, notre travail et nos fatigues. Travaillant nuit et jour pour n’être à la charge d'aucun de vous, nous vous avons prêché l’Evangile de Dieu.

Vous êtes témoins, et Dieu aussi, que nous avons eu envers vous qui croyez une conduite sainte, juste et irréprochable. » (1 Thessaloniciens 2.5-10)

Ne pas être à charge de quiconque est une question d'honneur :

« Mettez un point d'honneur à vivre en paix, à vous occuper de vos affaires, et à travailler de vos propres mains, comme nous vous l'avons prescrit.

Ainsi vous aurez une conduite honorable au regard du monde et vous n'aurez besoin de personne. » (1 Thessaloniciens 4.11-12)

Dans ces conditions, et constatant que l'ont pouvait être tenté de vivre en parasite, Paul choisit la sévérité :

« Nous n’avons pas même mangé gratuitement le pain de quiconque, mais, dans le travail et dans la peine, nous avons œuvré nuit et jour, pour n’être à charge d'aucun de vous.

Ce n’est pas que nous n’en ayons le droit, mais nous voulions être nous-mêmes un modèle à imiter.

Car, lorsque nous étions chez vous, nous vous avons prescrit ceci : "si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus !"

En effet, nous entendons dire que certains d'entre vous vivent dans le désordre, ne travaillent plus, mais prétendent se mêler de tout.

Nous invitons ces gens-là, et nous les exhortons par le Seigneur Jésus Christ, à se remettre calmement au travail pour manger leur propre pain. » (2 Thessaloniciens 3.8-12)

Cependant, Paul devait se justifier face à ceux qui voulaient l'accuser :

« Faites-nous une place dans vos cœurs ! Nous n’avons fait de tort à personne, nous n’avons ruiné personne, nous n’avons tiré profit de personne. » (2 Corinthiens 7.2)

Le fait de se justifier face aux Corinthiens devait lui être difficile :

« Ou bien, ai-je commis un péché en m’abaissant moi-même, afin que vous soyez élevés, quand nous vous avons gratuitement annoncé l’Evangile de Dieu ?

J’ai dépouillé d’autres Eglises, en acceptant d’elles un salaire pour vous servir.

Et quand j’étais chez vous, bien qu'étant dans le besoin, je n’ai été à la charge de personne. Car les frères venus de Macédoine ont pourvu à mes besoins. En toutes choses, je me suis gardé d'être à votre charge, et je m’en garderai. » (2 Corinthiens 11.7-9)

Mais les Corinthiens ont persévéré dans leurs critiques sur ce point :

« Qu'avez-vous eu de moins que les autres Eglises, sinon de ne pas m'avoir eu à votre charge ? Pardonnez-moi cette injustice !

Je suis prêt à venir chez vous pour la troisième fois et je ne serai pas à votre charge. Car je ne recherche pas vos biens, mais vous ! Ce n'est pas les enfants qui doivent épargner pour leurs parents, mais les parents pour leurs enfants.

Je dépenserai volontiers, et me dépenserai personnellement, pour vous. Si je vous aime davantage, en serai-je moins aimé ?

Certes, je n'ai pas été à votre charge, mais fourbe comme je suis, ne vous ai-je pas eus par ruse ?

Vous ai-je donc exploités par l'un de ceux que je vous ai envoyés ?

J'ai insisté auprès de Tite, et envoyé avec lui un frère. Tite vous a-t-il exploités ? N'avons-nous pas marché dans le même esprit ? Et dans les mêmes traces ? » (2 Corinthiens 12.13-18)

Quand il a dressé le bilan de son apostolat devant les anciens de l'Eglise d'Ephèse, Paul a rappelé son désintéressement :

« Vous savez vous-mêmes que ces mains ont pourvu à mes besoins et à ceux qui m'accompagnaient. » (Actes 20.34)

Le travail est souvent demeuré une contrainte et la croissance des loisirs a, de nos jours, accru les tendances au parasitisme.

Faut-il espérer vivre un jour dans un monde sans travail ... ou dans un monde où le travail ne serait plus vécu comme une contrainte ?

Qu'en sera-t-il dans le Royaume de Dieu ?

Un homme dit un jour à Jésus :

« Je te suivrai, Seigneur, permets-moi de prendre congé auprès de ceux de ma maison. » (Luc 9.61)

Jésus lui a répondu :

« Celui qui a mis la main à la charrue et regarde en arrière n'appartient pas au Royaume de Dieu. » (Luc 9.62)

Il se pourrait bien qu'il y ait encore des charrues dans le Royaume de Dieu.

Mais ce qui importe, ce n'est plus de regarder en arrière qu'elles étaient nos conditions de vie ... mais d'aller de l'avant en accomplissant le travail que nous avons choisi de réaliser en suivant le Seigneur.

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Récapitulatif

des versets cités

dans leurs contextes

1 ... Genèse 3.17

2 ... Romains 8.22

3 ... Colossiens 3.23

4 ... Romains 4.4

5 ... Galates 6.6

6 ... 1 Timothée 5.17-18

7 ... 1 Corinthiens 9.4-18

8 ... Matthieu 10.8

9 ... 1 Thessalon. 2.5-10

10 .. 1 Thessalon. 4.11-12

11 .. 2 Thessalon. 3.8-12

12 .. 2 Corinthiens 7.2

13 .. 2 Corinthiens 11.7-9

14 .. 2 Corinthiens 12.13-18

15 .. Actes 20.34

16 .. Luc 9.61-62