Quand il évoque les récits de la Torah, Paul précise que ceux-ci doivent nous servir d'exemples :
« Car je ne veux pas que vous ignoriez, frères, que nos pères ont tous été sous la nuée et qu’ils sont tous passés au travers de la mer.
Ainsi, tous ont été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer.
Ils ont tous mangé le même aliment spirituel.
Ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher c'était le Christ.
Mais la plupart d’entre eux ne furent pas agréables à Dieu, puisqu’ils périrent dans le désert.
Ces évènements sont arrivés pour nous servir d’exemples, nous éviter de convoiter le mal, comme ils le convoitèrent. »
(1 Corinthiens 10.1-6)
Et pour ceux qui ne l'auraient pas bien compris, il le répète peu après :
« Ces évènements leur arrivèrent pour servir d’exemples, et furent écrits pour notre instruction, pour nous qui approchons de la fin des temps. » (1 Corinthiens 10.11)
Bon nombre d'écrits anciens ont une dimension allégorique, car il s'agit de récits qui, au travers d'éléments concrets, reposent sur un contenu abstrait afin de pouvoir le projeter sur d'autres évènements.
Paul nous en donne un exemple :
« Dites-moi, vous qui voulez être sous la loi, ne comprenez-vous pas la loi ?
Car il est écrit qu’Abraham a eu deux fils, un de l'esclave, et un de la femme libre.
Mais celui de l’esclave est né selon la chair, et l'autre, de la femme libre, est né suite à la promesse.
Ces unions ont une valeur allégorique, car ces femmes sont les deux alliances. L’une venue du mont Sinaï, engendra pour la servitude : c’est Agar.
Agar, c’est le mont Sinaï en Arabie. Elle correspond à la Jérusalem actuelle, car elle est dans la servitude avec ses enfants.
Mais la Jérusalem d’en haut est libre, et c’est notre mère !
Car il est écrit : "Réjouis-toi, stérile, toi qui n’enfantais pas ! Eclate et crie de joie, toi qui n’as pas connu les douleurs, parce que les enfants de la délaissée seront plus nombreux que ceux de celle qui était mariée."
Et vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse.
Et de même que celui qui était engendré selon la chair persécutait celui qui l'était selon l’Esprit, ainsi en est-il encore maintenant.
Mais que dit l’Ecriture ? "Chasse l’esclave et son fils, car le fils de l’esclave n’héritera en rien avec le fils" de la femme libre.
C’est pourquoi, frères, nous ne sommes pas enfants d'une esclave, mais de la femme libre. »
(Galates 4.21-31)
Agar symbolise l'esclavage ; Sarah est une figure allégorique de la femme libre.
Ces deux personnages bibliques préfigurent la réalité présente et à venir.
Chronologiquement, Agar a donné un fils à Abraham avant Sarah tout comme, historiquement, les prescriptions de la Loi donnée à Moïse ont précédé la liberté par la foi promulguée par Jésus :
« Avant la venue de la foi, nous étions captifs de la loi, enfermés ensemble en vue de la foi qui devait être révélée. Ainsi la loi a été notre conducteur jusqu'à Christ, afin d'être justifiés par la foi. » (Galates 3.23-24)
Cette allégorie, avec Agar et Sarah, a pris de nos jours une autre dimension, tout en demeurant conforme aux Ecritures.
Ainsi, au temps de Paul, ce sont les Juifs dépositaires de la Loi de Moïse qui étaient assimilés par Paul à la descendance d'Ismaël de façon allégorique.
Sous la "servitude" de la Loi, ils entendaient imposer celle-ci et persécutaient ceux qui se convertissaient à la foi chrétienne.
Depuis, les musulmans sous la "servitude" de la loi coranique se réclament de l'héritage d'Ismaël qui serait l'ancêtre de la lignée menant à Mahomet, prophète de l'Islam.
Et conformément aux Ecritures, ce sont eux qui, de nos jours, persécutent dans de nombreux pays ceux qui sont engendrés de l'Esprit : les chrétiens.
Cette allégorie avait donc une double dimension prophétique !
2. La dimension prophétique.
On considère d'ordinaire que des paroles ou des écrits ont une dimension prophétique dans la mesure ou l'avenir devrait les confirmer.
Mais le prophète biblique n'est pas un devin car il parle au nom de Dieu : c'est un porte-parole.
Lorsque Paul s'exprime sous l'inspiration de l'Esprit Saint, sa fonction prophétique lui permet de discerner le contenu anticipatoire des Ecritures Saintes :
« Paul, esclave du Christ Jésus, appelé apôtre et mis à part pour la Bonne Nouvelle de Dieu.
Il l'avait déjà promise par Ses prophètes dans les Ecritures Saintes.
Elle se rapporte à Son Fils, descendant de David selon la chair. »
(Romains 1.1-3)
Ainsi, de multiples enseignements et personnages de l'Ancien Testament évoquent ou préfigurent l'incarnation du Christ.
Citons l'exemple de l'énigmatique « Melchisédek, roi de Salem, qui apporta du pain et du vin, lui, le prêtre du Dieu suprême. » (Genèse 14.18)
Qui était donc ce personnage venu de nulle part qui bénit Abram ?
L'épître aux Hébreux nous livre cette interprétation :
« En effet, ce "Melchisédek, roi de Salem, prêtre du Dieu Très-Haut", est allé au-devant d’Abraham lorsqu’il revenait du combat contre les rois, et il le bénit.
"Abraham lui remit la dîme de tout."
D’abord, son nom se traduit "roi de justice", et il est ensuite "roi de Salem", c’est-à-dire roi de paix.
Sans père, sans mère, sans généalogie, ni commencement pour ses jours, ni fin pour sa vie, il est assimilé au Fils de Dieu et demeure prêtre à perpétuité. »
(Hébreux 7.1-3)
Un seul exemple ... mais quel exemple !
Laissons Paul conclure sur ce sujet :
« Ainsi, tout ce qui fut écrit par anticipation le fut pour nous enseigner, afin de posséder l'espérance par la persévérance et la consolation dans les Ecritures. » (Romains 15.4)
3. De multiples enseignements.
Outre le fait que les évènements relatés dans l'Ancien Testament puissent nous servir d'exemples ou revêtir une dimension prophétique, nous pouvons y trouver de multiples enseignements.
Ainsi, Paul exploite la justification d'Abraham en Romains 4.1-25 pour fonder sa démonstration sur la justification grâce à la foi, et non du fait de la circoncision.
Son enseignement sur le péché trouve aussi sa source dans les Ecritures :
« C’est pourquoi, comme par un seul humain le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, la mort atteint tous les hommes, parce que tous ont péché.
Avant la loi, le péché était dans le monde. Cependant, le péché n’est pas imputé quand il n’y a pas de loi.
Pourtant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam, qui est à l'image de ce qui devait advenir.
Mais il n’en est pas du don gracieux comme de la faute. Car si, par la faute d’un seul, une multitude a subi la mort ; à plus forte raison la grâce de Dieu, ce don de grâce venant d’un seul homme, Jésus Christ, est-il répandu en abondance sur la multitude.
Et il n'en est pas non plus du don comme du péché d'un seul homme. Car le jugement à partir du péché d'un seul conduit à la condamnation, mais le don de grâce, consécutif à de nombreuses fautes, conduit à la justification.
Car si, par la faute d'un seul, la mort a régné à cause de lui seul ; à plus forte raison ceux qui reçoivent la grâce en abondance, et le don de la justice, régneront dans la vie par le seul Jésus Christ.
En conséquence, comme la faute d'un seul fut une condamnation pour tous les hommes, ce sera de même par un seul juste que tous les hommes seront justifiés pour la vie.
Car comme par la désobéisance d'un seul homme une multitude de pécheurs s'est formée, c'est aussi de même que l'obéissance d'un seul formera une multitude de justes.
La loi est venue afin que la faute prolifère, et là où le péché prolifère, la grâce surabonde.
Ainsi, comme le péché a régné pour la mort, la grâce règne de même par la justice, pour la vie éternelle, par Jésus Christ notre Seigneur. »
(Romains 5.12-21)
Depuis Adam jusqu'à Jésus le péché a régné du fait de la désobéissance et conduit l'humanité vers la mort.
L'obéissance de Jésus inverse le processus en conduisant l'humanité vers la vie éternelle par la foi et la grâce qui en résulte.
Entre ces deux extrêmes, la Loi de Moïse a permis de comprendre le péché comme Paul s'efforce de l'expliquer :
« Que pourrions-nous dire ? La loi est-elle péché ? Nullement ! Mais j'ai connu le péché grâce à la loi. Ainsi, je n'aurais pas connu le péché si la loi n'avait pas dit : "Tu ne convoiteras pas !"
Le péché se saisit de l'occasion offerte par le commandement pour produire en moi toutes sortes de convoitises. Car sans la loi, le péché serait mort.
Autrefois, je vivais sans la loi. Quand le commandement est venu, le péché a pris vie.
Mais moi, je suis mort ! Car le commandement qui fut conçu pour la vie m'a conduit à la mort.
En effet, le péché, se saisissant de l'occasion par le commandement, m'a séduit, et par lui m'a fait périr.
C'est pourquoi la loi est sainte, et le commandement saint, juste et bon.
Ce qui est bon est-il devenu cause de ma mort ? Pas du tout ! Mais le péché, révélant sa véritable nature de péché, s'est servi de ce qui est bon pour me donner la mort. Le péché se manifeste ainsi, au moyen du commandement, dans tous ses excès. »
(Romains 7.7-13)
4. L'enseignement sur Israël.
Et c'est bien sûr en examinant les textes de l'Ancien Testament que Paul a pu élaborer, sous la lumière de l'Esprit Saint, ses thèses sur Israël :
« Car tous ceux qui sont issus d'Israël ne sont pas Israël.
Tous ne sont pas Ses enfants parce qu'ils descendent d'Abraham, car : "C'est la postérité d'Isaac qui sera appelée ta descendance."
Ainsi, ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais les enfants de la promesse qui sont considérés comme descendance.
Car cette parole était une promese : "A la même époque, je reviendrai, et Sarah aura un fils."
Bien plus encore, il y a Rebecca. Elle ne conçut que du seul Isaac, notre père.
Ses enfants n'étaient pas encore nés. Ils n'avaient commis ni bien, ni mal, afin que le dessein de Dieu se perpétue selon le libre choix.
Ce n'est donc pas en fonction des œuvres, mais selon Celui qui appelle, qu'il lui fut dit : "L'aîné sera asservi au cadet."
Et qu'il est écrit : "J'ai aimé Jacob, et j'ai haï Ésaü."
Que pourrions-nous dire ? N'est-ce pas injuste de la part de Dieu ? Il n'en est rien !
Car il dit à Moïse : "Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j'aurai de la compassion pour qui j'ai de la compassion."
Ainsi donc, cela ne dépend ni de la volonté, ni des actes, mais de Dieu qui fait miséricorde.
Car l'Écriture dit à Pharaon : "Je t'ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance, et afin que mon nom soit proclamé par toute la terre."
Ainsi donc, Il fait miséricorde à qui Il veut, et Il endurcit qui Il veut. »
(Romains 9.6-18)
Dieu est sélectif.
Après avoir justifié Abram, Il choisit Isaac et non Ismaël.
Puis Il préfère Jacob à Ésaü.
Et combien d'autres encore suivant Sa volonté exprimée à Moïse selon ce principe : Dieu pardonne à qui Il veut !
On peut certes analyser les textes pour identifier quelques pistes ayant pu motiver Son choix mais notre approche de la Vérité reste partielle « Car à présent, nous voyons comme dans un miroir, d’une manière confuse ... » (1 Corinthiens 13.12)
Ainsi, au sein d'Israël, ne sont vraiment juifs que ceux qui bénéficient de la miséricorde de Dieu en reconnaissant que Jésus est le Messie.
Cependant, cette sélection n'est pas pour autant un rejet global ...
« Dieu n'a pas rejeté son peuple qu'il avait connu d'avance. Ou bien, ignorez-vous ce que dit l'Ecriture à propos d'Elie, lorsqu'il en appelle à Dieu contre Israël ?
"Seigneur, ils ont tué tes prophètes, ils ont détruit tes autels, et moi je suis resté seul, et ils en veulent à ma vie !"
Mais quelle fut la réponse divine ? "Je me suis réservé sept mille hommes qui n'ont pas fléchi le genou devant Baal."
Il en est de même dans le temps présent. Il subsiste un reste élu selon la grâce.
Et si c'est par la grâce, ce n'est plus par les œuvres, sinon la grâce n'est plus la grâce.
Qu'en résulte-t-il ? Israël n'a pas obtenu ce qu'il recherchait, mais les élus l'ont obtenu. Et les autres ont été endurcis.
C'est conforme aux Ecritures : "Dieu leur a donné un esprit de torpeur, des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre, jusqu'à ce jour."
David dit aussi : "Que leur table devienne un piège, un filet, une cause de scandale, et soit leur rétribution.
Que leurs yeux s'obscurcissent pour ne pas voir et fais-leur sans cesse courber le dos !"
J'ajoute donc : "Ont-ils trébuché pour tomber ?" Loin de là ! Mais, grâce à leur faute, les païens ont connu le salut, pour exciter la jalousie. »
(Romains 11.2-11)
Sept mille hommes n'avaient pas fléchi le genou devant Baal ... combien de milliers, peut-être de centaines de milliers, ont reconnu Jésus comme Messie ?
Pour les Juifs messianiques, les yeux se sont ouverts car le voile qui obscurcissait leurs consciences est tombé ...
« Et nous ne faisons pas comme Moïse, qui plaçait un voile sur son visage, afin que les Israëlites ne voient pas le déclin de ce qui était temporaire.
Puis leurs cœurs se sont endurcis. Et jusqu’à ce jour, le même voile demeure baissé quand ils lisent l’Ancien Testament. Parce que c’est en Christ qu’il disparaît !
Jusqu’à ce jour, en lisant Moïse, un voile est sur leurs cœurs.
Mais lorsque l'on se tourne vers le Seigneur, le voile est ôté.
Car, le Seigneur c’est l’Esprit ! Et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. »
(2 Corinthiens 3.13-17)