Qu'étions-nous quand le Seigneur nous a appelés ?
De misérables pécheurs voués à une mort éternelle.
Devons-nous rester dans la condition de notre appel sur ce plan ?
Non, car de toute évidence, si Dieu nous appelle c'est pour changer notre condition spirituelle par la foi.
Par contre, sur le plan matériel, en devenant plus soucieux de notre condition spirituelle, la condition matérielle devrait être reléguée à l'arrière-plan ...
« Que chacun demeure dans la condition de son appel.
Etais-tu esclave lors de ton appel ? Ne t'en soucie pas. Mais si tu peux devenir libre, profites-en !
Car celui qui était esclave quand il fut appelé est affranchi pour le Seigneur. De même, celui qui était libre lors de son appel est un esclave du Christ.
Vous avez été rachetés au prix fort, ne devenez pas esclaves des hommes.
Frères, que chacun demeure devant Dieu comme il était lors de son appel. »
(1 Corinthiens 7.20-24)
La condition sociale n'est pas négligeable mais, selon Paul, elle ne mérite pas que l'on s'y attarde pour en changer.
« Les esclaves, obéissez à vos maîtres corporels avec crainte et tremblement comme au Christ, d'un cœur sincère.
Non parce que vous êtes surveillés, comme si vous désiriez plaire aux hommes, mais comme des esclaves du Christ qui font la volonté de Dieu du fond de leur cœur.
Servez avec bienveillance, comme si c'était le Seigneur et non des hommes.
Vous savez que chacun, pour ce qu'il a fait de bien, en sera récompensé du Seigneur, qu'il soit esclave ou homme libre.
Et vous les maîtres, faites de même envers eux. Abstenez-vous de menacer sachant que, pour eux comme pour vous, le Seigneur qui est dans les cieux n'avantage personne. »
(Ephésiens 6.5-9)
L'insistance de Paul sur les rapports entre maîtres et esclaves démontre à quel point ce sujet a pu être sensible dans le monde chrétien pendant des siècles.
De tels propos n'ont-ils pas contribué à donner bonne conscience aux esclavagistes qui pouvaient ainsi se prendre pour de bons chrétiens ?
« Que les esclaves obéissent en tout à leurs maîtres d'ici-bas, non pour chercher à plaire aux hommes qui les surveillent, mais en toute simplicité de cœur, dans la crainte du Seigneur. » (Colossiens 3.22)
Il est cependant positif de comprendre que, maître ou esclave, notre conversion nous rend serviteurs, c'est-à-dire esclaves, du Seigneur.
Et le respect envers les maîtres sur terre doit être le reflet du respect envers le Maître de l'univers ...
« Tous ceux qui sont sous le joug de l'esclavage doivent considérer leurs propres maîtres dignes d'un entier respect, afin que le nom de Dieu et notre enseignement ne soient pas blasphémés.
Ceux qui ont des maîtres croyants, qu'ils ne leur manquent pas de respect parce que ce sont des frères. Au contraire, qu'ils les servent d'autant mieux que ce sont des croyants, des biens-aimés qui s'appliquent à bien faire. Enseigne et recommande ceci ! »
(1 Timothée 6.1-2)
Les maîtres croyants sont ici considérés comme « des biens-aimés qui s'appliquent à bien faire ».
Rien à voir donc avec le profil d'esclavagistes indignes du qualificatif de disciple du Christ.
De ce fait, si le maître ne doit pas abuser de sa situation dominante, il incombe au serviteur de ne pas abuser de la bonté de son maître !
« Les esclaves doivent être soumis en tout à leurs maîtres, se rendre agréables sans les contredire.
Ils ne doivent rien détourner, mais montrer une grande fidélité, afin de faire honneur en tout à la doctrine de Dieu notre Sauveur.
Car la grâce de Dieu a été manifestée comme source de salut pour tous les hommes.
Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux désirs de ce monde, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété. »
(Tite 2.9-12)
Il y a deux mille ans, il n'était pas concevable de remettre en cause l'esclavage sur lequel se fondait l'économie des différentes sociétes.
On notera cependant qu'il n'y a aucun enseignement de Jésus sur ce point qui nous ait été légué, comme si le Seigneur savait que tôt ou tard cette pratique serait heureusement abolie.
De nos jours, l'esclavage a disparu de nos sociétés civilisées mais l'homme moderne n'en demeure pas moins esclave des désirs de ce monde.
Le combat continue ...
2. L'homme écartelé.
« Car les convoitises de la chair vont à l'encontre de l’Esprit, et l’Esprit va à l'encontre de la chair. L'un et l'autre s'opposent, afin que vous ne fassiez pas ce que vous voudriez. » (Galates 5.17)
Qu'en est-il du libre arbitre dans ces conditions ?
Ne sommes-nous que des marionnettes ballottées entre deux pôles d'attractions contradictoires ?
« Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle. Mais moi, je suis charnel, ayant été vendu au péché.
Car je ne reconnais par mes actes, je ne réussis pas à faire ce que je veux, mais je réalise ce que je déteste.
Si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais donc que la loi est bonne.
Ce n’est donc plus moi qui accomplis cela, mais le péché qui habite en moi.
Car je sais que ce qui est bon n’habite pas en moi, dans ma chair, puisque vouloir le bien est à ma portée, mais non le pouvoir de le faire.
Ainsi, je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas.
Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui l'accomplis, mais le péché qui habite en moi.
En moi qui veux faire le bien, je trouve donc cette loi : c'est le mal qui est à ma portée !
Pourtant je prends plaisir à la loi de Dieu, à l'intérieur de mon être.
Mais je constate dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de ma conscience et me rend captif de la loi du péché qui réside dans mes membres.
Infortune de ma condition humaine ! Qui me délivrera de ce corps de mort ?
Grâce soit rendue à Dieu, par Jésus Christ notre Seigneur ! Ainsi donc, moi-même, je suis par la conscience assujetti à la loi de Dieu, et par la chair à la loi du péché. »
(Romains 7.14-25)
Cette analyse de la condition humaine nous laisse perplexe.
Si le péché qui habite en nous agit à l'encontre de notre volonté consciente, nous pourrions en déduire que nous sommes dégagés de toute responsabilité dans l'accomplissement de nos fautes.
Or la Bible ne cesse de nous inviter à combattre le péché ... même si notre impuissance est manifeste.
Après Son baptême, « Jésus, rempli de l'Esprit Saint, revint du Jourdain et fut conduit par l’Esprit dans le désert. » (Luc 4.1)
Mais après avoir résisté aux tentations du monde que Satan faisait miroiter :
« Alors Jésus s'en retourna en Galilée avec la puissance de l'Esprit et Sa renommée se répandit dans toute la région. » (Luc 4.14)
Nous discernons donc trois étapes : le baptême d'eau, le baptême dans l'Esprit, et la Puissance du Seigneur qui s'exprime après avoir résisté au péché.
Forts des enseignements bibliques, sur lesquels Jésus s'est appuyé pour répondre au diable, nous pouvons nous en remettre à la réponse de Paul :
« Qui me délivrera de ce corps de mort ? Grâce soit rendue à Dieu, par Jésus Christ notre Seigneur ! »
Seules Sa Parole et Sa Puissance peuvent, en se substituant à nos faibles moyens, nous délivrer du péché, ponctuellement au cours de cette vie, définitivement dans la vie éternelle.
3. Le sens de la vie.
Car c'est cette espérance de vie éternelle qui va donner du sens à notre condition humaine.
Sinon, que sommes-nous ?
Des êtres sans raison d'être, nés du hasard, sans rien avant ... et rien après !
« Si c’est seulement pour cette vie que nous espérons en Christ, nous sommes les plus pitoyables de tous les humains. » (1 Corinthiens 15.19)
Si telle est la condition humaine, son absurdité ne peut que nous inviter à profiter au maximum du temps présent, sans rien attendre d'autre que le néant au terme de ce parcours terrestre ...
« Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car demain nous mourrons ! » (1 Corinthiens 15.32)
Mais telle n'est pas la conception du croyant.
Car les arrhes de l'Esprit, comme le dit si bien Paul, nous permettent d'appréhender, par la foi, la plénitude de l'Esprit au terme de cette course terrestre :
« Car nous savons que, si notre demeure terrestre n'est qu'une tente qui se détruit, nous détenons de Dieu, dans les cieux, un édifice éternel qui n’a pas été fait de main d’homme.
Aussi nous gémissons, avec le désir ardent de revêtir notre domicile venu du ciel.
Pourvu que, même dévêtus, nous ne soyons trouvés nus.
En effet, nous gémissons, accablés dans cette enveloppe terrestre, parce que nous ne voulons pas nous en dépouiller, mais être revêtus par-dessus afin que le mortel soit englouti par la vie.
Celui qui nous a ainsi préparés, c’est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l’Esprit.
Nous sommes donc en tout temps pleins de confiance, même si en demeurant dans ce corps nous demeurons loin du Seigneur.
Car nous marchons par la foi et non par la vue. »
(2 Corinthiens 5.1-7)
4. Le libre arbitre.
Est-ce que je marche par la foi et non par la vue ?
« Examinez-vous vous-mêmes pour savoir si vous êtes dans la foi. Eprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas par vous-mêmes que Jésus Christ est en vous ? Si du moins vous n'êtes inexpérimentés. » (2 Corinthiens 13.5)
Et si je crois être suffisamment expérimenté, puis-je proclamer comme Paul :
« Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile. Tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. » (1 Corinthiens 6.12)
Car le libre arbitre dont je dispose, non plus selon la Loi, mais selon la foi, doit me permettre d'avoir le discernement nécessaire pour écarter ce qui n'est pas utile à mon édification :
« "Tout est permis", mais tout n'est pas utile, "tout est permis", mais tout n'édifie pas. » (1 Corinthiens 10.23)