Les œuvres de la chair

Idolâtrie, impureté, impiété




Depuis toujours, le Dieu unique s'est manifesté par la Parole.

En effet : « Au commencement était la Parole, et la Parole était auprès de Dieu, et Dieu était la Parole. » (Jean 1.1)

Dans le récit de la Création, par dix fois il est écrit : « Dieu dit ... »

Et lorsque le serpent a séduit la femme, c'est par la vue qu'il y est parvenu :

« Alors la femme vit que l’arbre était bon à manger et attirait les yeux. » (Genèse 3.6)

Pour détourner l'esprit humain des illusions trompeuses, le Seigneur a donné Ses recommandations à Moïse :

« Tu n'auras pas d'autres dieux face à moi.

Tu ne te feras pas d'idole, ni rien qui ait la forme de ce qui se trouve au ciel là-haut, sur terre ici-bas ou dans les eaux sous la terre.

Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux et tu ne les serviras pas. » (Exode 20.3-5)

1. La contamination du monde.

Mais le monde s'est laissé contaminer en se prosternant devant de multiples formes d'idolâtrie :

« Ils ont troqué la gloire du Dieu incorruptible contre des images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes ou des serpents.

Aussi Dieu les a livrés à l’impureté, au gré des convoitises de leurs cœurs, afin de déshonorer eux-mêmes leurs propres corps.

Ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, et ont adoré et servi la création au lieu du Créateur qui est béni éternellement. Amen ! » (Romains 1.23-25)

Jésus est venu pour corriger ces dérives par Ses enseignements :

« Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité. » (Jean 4.24)

On n'adore pas Dieu par le toucher ou la vue, car l'Esprit de Dieu est insaisissable et invisible ...

« Personne n’a jamais vu Dieu. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et Son amour est pleinement accompli en nous. » (1 Jean 4.12)

C'est à l'intérieur de nous que nous trouverons Dieu, non au travers de représentations idolâtres :

C'est pourquoi : « la foi vient de ce que l'on écoute en écoutant la parole du Christ. » (Romains 10.17)

Cependant, même parmi les disciples du Christ, la contamination s'est répandue ... et se répand encore :

« Non, ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas fréquenter quelqu’un qui, même s'il se nomme "frère", est débauché, cupide, idolâtre, grossier, ivrogne, ou voleur, de ne pas même manger avec un tel homme. » (1 Corinthiens 5.11)

2. Un héritage du paganisme.

L'idolâtrie peut se manifester au travers de différents objets auxquels on attache des croyances : pierres, amulettes, statues, reliques, images pieuses, eau bénite ...

De passage à Athènes, Paul ne manque pas d'y être confronté ...

« A Athènes, pendant que Paul les attendait, son esprit s'exaspérait de voir la ville pleine d'idôles. » (Actes 17.16)

Il réagit et se livre à un long exposé au milieu de l'Aéropage :

« Etant donc de la race de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité soit semblable à de l’or, de l’argent, ou à de la pierre, sculptés par l’art et l’imagination de l’homme. » (Actes 17.29)

Mais quand il va leur parler de résurrection des morts, la plupart vont s'éloigner.

L'adoration idolâtre peut être une source de revenus. C'était le cas à Ephèse :

« En effet, un certain Démétrius, orfèvre, fabriquait des temples d'Artémis en argent et procurait aux artisans un profit non négligeable.

Il les réunit, avec les ouvriers ayant un métier similaire, et dit : "Hommes, vous savez que notre richesse dépend de cette industrie.

Et vous constatez et entendez dire que, non seulement à Ephèse, mais dans presque toute l’Asie, ce Paul a persuadé et détourné une foule de gens. Il leur dit que les dieux faits de main d’homme n'en sont pas.

Non seulement ceci met en péril notre activité en la menaçant de discrédit, mais c’est aussi le temple de la grande déesse Artémis qui pourrait être tenu pour rien. Et la majesté de celle que toute l'Asie et le monde entier vénèrent serait réduite à néant." » (Actes 19.24-27)

Ceux qui se livraient à ce commerce étaient plus soucieux de leurs revenus que du respect religieux.

Les vendeurs dans le Temple de Jérusalem, que Jésus a chassés, quoique Juifs et théoriquement non idolâtres, n'étaient guère différents.

Et tous ces commerçants qui s'agglutinent de nos jours à proximité des lieux "saints" du monde chrétien ne valent pas mieux.

L'héritage de l'idolâtrie païenne, allié à la cupidité, est tenace !

Quand Paul s'est adressé aux païens, il devait nécessairement évoquer leur passé spirituel :

« Vous savez comment, lorsque vous étiez païens, vous pouviez être attirés vers les idoles muettes. » (1 Corinthiens 12.2)

Mais cette évocation avait pour but de ne pas retomber dans l'ornière du paganisme comme ce fut le cas des Hébreux à leur sortie d'Egypte :

« Ne devenez point idolâtres comme certains d'entre d’eux. Ainsi il est écrit :

Le peuple s’assit pour manger et pour boire, puis ils se levèrent pour se divertir. » (1 Corinthiens 10.7)

Dans ce passage, Paul cite Exode 32.6 car cette fête avait été organisée pour honorer le veau d'or conçu par le peuple en l'absence de Moïse.

« C'est pourquoi, mes biens-aimés, fuyez loin de l'idolâtrie ! » 1 (Corinthiens 10.14)

3. L'impureté.

Si, de nos jours, la problématique de la consommation de viandes sacrifiées aux idoles semble bien lointaine, elle était d'actualité au temps de Paul.

Il doit d'abord rappeler une position de principe :

« Ainsi, à propos de la consommationt des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu’il n’y a aucune idole au monde, et aucun autre dieu sinon l'Unique. » (1 Corinthiens 8.4)

Cependant, les croyances païennes continuaient de tourmenter des consciences :

« Mais la connaissance n’est pas en tous. Certains, tellement habitués aux idoles, mangent de ces viandes comme si elles étaient vraiment sacrifiées aux idoles, et leur conscience, qui est faible, en est souillée. » (1 Corinthiens 8.7)

Les disciples bien ancrés dans la foi pouvaient sans problème manger n'importe quelle viande, mais cela pouvait perturber des disciples plus fragiles :

« Car si quelqu'un te voit, toi qui as la connaissance, attablé dans un temple idolâtre, est-ce que la faiblesse de sa conscience ne le poussera pas à manger des viandes sacrifiées aux idoles ? » (1 Corinthiens 8.10)

Soucieux de ne pas être une occasion de chute pour autrui, Paul en arrive à cette conclusion :

« Voilà pourquoi, si un aliment doit faire tomber mon frère, je préfèrerai ne plus manger de viande pour l'éternité plutôt que de faire tomber mon frère. » (1 Corinthiens 8.13)

Mais Paul est devenu plus dissuasif car le problème n'était pas résolu :

« Que dis-je donc ? Que la viande sacrifiée a une signification ou que l'idole a une signification ?

Mais c'est aux démons qu'ils sacrifient, et non à Dieu ! Et je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons.

Vous ne pouvez boire à la coupe du Seigneur et à la coupe des démons, vous ne pouvez être à la table du Seigneur et prendre part à la table des démons. » (1 Corinthiens 10.19-21)

Le risque de syncrétisme religieux était grand en associant des pratiques issues du paganisme à la foi en Christ.

Aussi, Paul insiste :

« Mangez de tout ce qui est vendu au marché sans vous poser de problème de conscience. » (1 Corinthiens 10.25)

Mais il préconise toujours les mêmes précautions :

« Mais si quelqu'un vous dit : "C'est ce la viande sacrifiée", n'en mangez pas à cause de celui qui vous a averti et en a conscience.

Je ne parle pas ici de votre propre conscience, mais de la sienne. » (1 Corinthiens 10.28-29)

Avec toujours le même souci de ne pas choquer :

« Ne soyez une source de scandale ni pour les Juifs, ni pour les Grecs, ni pour l'Eglise de Dieu. » (1 Corinthiens 10.32)

Il s'agit non seulement de ne pas choquer mais de prouver son amour en faisant preuve de retenue :

« Mais si tu attristes ton frère à cause de la nourriture, tu ne marches plus selon l’amour. Ne cause pas la perte de celui pour lequel Christ est mort pour une question de nourriture. » (Romains 14.15)

Jésus nous a enseigné qu'il fallait garder une certaine réserve au regard des incroyants :

« Ne donnez pas ce qui est sacré aux chiens et ne jetez pas vos perles devant les porcs, de peur qu'ils ne les piétinent et, s'étant tournés, vous mettent en pièces. » (Matthieu 7.6)

Paul fait de même à propos des interdits liés à la nourriture :

« Pour de la nourriture, ne détruis pas l’œuvre de Dieu. En effet, tout est pur, mais il est mauvais pour l’homme de devenir une occasion de chute en mangeant.

Aussi est-il bien de ne pas manger de viande, ou de boire du vin, ou prendre tout ce qui peut faire tomber ton frère.

Cette foi que tu possèdes, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même quand il fait son choix ! » (Romains 14.20-23)

Tout est pur ... Paul était délivré des prescriptions de la Loi de Moïse en matière de nourriture.

Cela n'avait pas été facile pour Pierre :

« Il vit le ciel s'ouvrir, et un objet semblable à une grande toile attachée aux quatre coins descendit sur la terre.

Il s'y trouvait tous les quadrupèdes et reptiles de la terre, ainsi que les oiseaux du ciel.

Alors une voix lui dit : "Lève-toi, Pierre, tue et mange !"

Pierre dit : "Non, Seigneur, car je n’ai jamais rien mangé de souillé ni d’impur."

Et une seconde fois, la voix s'adressa encore à lui : "Ce que Dieu a rendu pur, ne le regarde pas comme souillé."

Cela se reproduisit trois fois, et aussitôt, l’objet fut enlevé dans le ciel. » (Actes 10.11-16)

Il fallut lui répéter trois fois pour qu'il reconnaisse, comme l'avait dit Jésus, que :

« Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’être humain, mais ce qui sort de la bouche. Voilà ce qui souille l’être humain ! » (Matthieu 15.11)

Pour sa part, Paul a poursuivi ses prédications allant à l'encontre des pratiques alimentaires liées aux traditions religieuses :

« Que personne ne vous condamne en se complaisant dans l'ascétisme et le culte des anges, ce sont des visions issues de leur pensée et de leur propre corps, qui s'accroissent en vain.

Ils ne sont pas fermement liés à la Tête, avec qui le corps entier, bien pourvu en jointures et ligaments, doit vivre en cohérence et en croissance provenant de Dieu.

Si vous êtes morts avec Christ, délivrés des valeurs du monde, pourquoi subir ses exigences comme si vous étiez du monde ?

"Ne prends pas ! Ne goûte pas ! Ne touche pas !"

Tout ceci concerne des choses qui ne résistent pas à l'usage. N'est-ce pas là les commandements et les doctrines des hommes ? » (Colossiens 2.18-22)

En citant Ésaïe 29.13, Paul rappelle à quel point les commandements de Dieu ont pu être détournés par les traditions.

Et il s'est aussi projeté dans notre société contemporaine où fleurissent toutes sortes de régimes alimentaires au gré des modes ...

« L’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, certains renieront la foi, en s’attachant à des esprits séducteurs et à des enseignements démoniaques.

Ils s'égareront par l’hypocrisie des menteurs, dont la conscience est marquée au fer rouge.

S'opposant au mariage, ils prescriront de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient consommés, avec action de grâce par les fidèles, eux qui connaissent la vérité.

Car tout ce que Dieu a créé est bon, et rien n'est à rejeter, si on le prend avec action de grâce.

En effet, la parole de Dieu et la prière le sanctifient. » (1 Timothée 4.1-5)

Paul va aussi inverser le problème de l'impureté dans des termes similaires à Jésus.

C'est nous qui sommes susceptibles de souiller ce que nous touchons :

« Tout est pur pour ceux qui sont purs. Mais pour ceux qui sont souillés et incrédules, rien n'est pur puisque leur intelligence et leur conscience sont aussi souillées. » (Tite 1.15)

Dans un monde où règne la pollution et toutes sortes de nuisances consécutives aux activités humaines, il est évident que l'impureté de nos consciences s'est matériellement concrétisée.

4. L'impiété.

Cette impureté des consciences et des actes qui en découlent est étroitement liée à l'impiété fondée sur l'idolâtrie :

« Faites donc mourir ce qui, dans vos membres, est terrestre : la débauche, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité qui est une idolâtrie. » (Colossiens 3.5)

Et le facteur dominant de cette idolâtrie, c'est la cupidité, le pouvoir de l'argent :

« Car, sachez-le bien, tout débauché, impur, ou cupide - c’est un idolâtre - n’a d’héritage dans le Royaume du Christ et de Dieu. » (Ephésiens 5.5)

Il importe donc pour ceux qui ont soif de piété de ne pas tomber dans ce piège, de ne pas relayer les pratiques de ce monde :

« Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, en ouvrier n'ayant pas à rougir, qui dispense correctement la parole de la vérité.

Evite les bavardages impies car ils ne servent qu'à faire progresser dans l'impiété.

Et de telles paroles s'étendent comme une gangrène. » (2 Timothée 2.15-17)

Et même si nous ne pouvons sortir de ce monde, ne tombons pas dans des alliances qui nous exposeraient à la compromission.

Pour étayer sa démonstration sur ce point, Paul va se référer à plusieurs enseignements de l'Ancien Testament : Lévitique 26.12 ; Ézéchiel 37.27 ; Ésaïe 52.11 ; 2 Samuel 7.14.

« Ne formez pas un attelage disparate avec les incroyants. Car qu'y a-t-il de commun entre la justice et l’iniquité ? Et quelle convergence entre la lumière et les ténèbres ?

Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? Ou que peuvent partager un croyant et un incroyant ?

Comment pourraient s'accorder le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant ! Comme Dieu l’a dit : "J’habiterai et je marcherai parmi eux. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple."

C’est pourquoi : "Sortez du milieu d’eux et séparez-vous ! Dit le Seigneur. Ne touchez à rien d'impur et je vous accueillerai."

"Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles." Ainsi a dit le Seigneur tout-puissant. » (2 Corinthiens 6.14-18)

L'idolâtrie et tout ce qui lui est associé est encore fertile de nos jours.

Le matérialisme, l'amour de l'argent, font des ravages ...

« Car l’amour de l’argent est la racine de tous les maux. Certains, pour s'y être livrés, se sont égarés loin de la foi, et se sont infligés de multiples tourments. » (1 Timothée 6.10)

Si l'amour de l'argent, la cupidité, n'infligeait des tourments qu'à ceux qui en sont dépendants ... ce serait un moindre mal !

Mais l'accumulation des richesses au profit d'une minorité a réduit des milliards d'individus dans la pauvreté depuis des millénaires.

Il y a aussi une autre forme d'idolâtrie, elle est spirituelle : c'est l'amour de soi, de son ego.

Et s'il n'est pas projeté sur soi, il sera projeté sur les idoles modernes du monde du spectacle qui en tireront des bénéfices non négligeables ...

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Récapitulatif

des versets cités

dans leurs contextes

1 ... Jean 1.1

2 ... Romains 1.23-25

3 ... Jean 4.24

4 ... 1 Jean 4.12

5 ... Romains 10.17

6 ... 1 Corinthiens 5.11

7 ... Actes 17.16

8 ... Actes 17.29

9 ... Actes 19.24-27

10 .. Marc 11.15-19

11 .. 1 Corinthiens 12.2

12 .. 1 Corinthiens 10.7

13 .. 1 Corinthiens 10.14

14 .. 1 Corinthiens 8.1-13

15 .. 1 Corinthiens 10.19-21

16 .. 1 Corinthiens 10.25-32

17 .. Romains 14.15

18 .. Matthieu 7.6

19 .. Romains 14.20-23

20 .. Actes 10.11-16

21 .. Matthieu 15.11

22 .. Colossiens 2.18-22

23 .. 1 Timothée 4.1-5

24 .. Tite 1.15-16

25 .. Colossiens 3.5

26 .. Ephésiens 5.5

27 .. 2 Timothée 2.15-17

28 .. 2 Corinthiens 6.14-18

29 .. 1 Timothée 6.10