La vocation de Paul consécutive à sa conversion est plusieurs fois mentionnée dans les Actes des Apôtres. Il en présente cette version aux Juifs de Jérusalem :
« De retour à Jérusalem, alors que je priais dans le temple, il m'arriva de tomber en extase. Je Le vis qui me disait :
"Hâte-toi ! Quitte Jérusalem au plus vite car ils n'accepteront pas ton témoignage à Mon sujet."
Alors je répondis :
"Seigneur, ils savent que j'ai jeté en prison et fait battre dans toutes les synagogues ceux qui croient en Toi. Quand le sang d'Etienne, Ton témoin, a été versé, j'étais présent en personne. J'approuvais ceux qui le tuaient et gardais leurs vêtements."
Mais il me dit : "Va, car je t'enverrai au loin, vers les païens." »
(Actes 22.17-21)
Il ressort de cet exposé que Paul fut dirigé par le Seigneur vers les païens car son comportement envers les Juifs disciples de Jésus ne le rendait pas crédible.
Devant le roi Agrippa, Paul présente plus précisément ce que le Seigneur lui a dit :
« Mais lève-toi et tiens-toi debout ! Car voici pourquoi je te suis apparu : pour faire de toi un serviteur et un témoin de ce que tu as vu et de ce que tu verras quand je t'apparaîtrai.
Je te protègerai du peuple et des païens vers lesquels je t'envoie.
Afin de leur ouvrir les yeux, pour qu'ils reviennent des ténèbres vers la lumière, de l'emprise de Satan vers Dieu, et qu'ils reçoivent le pardon des péchés et une place parmi ceux qui sont sanctifiés par la foi en moi. »
(Actes 26-16-18)
Il est plus synthétique quand il écrit aux Romains et dit à propos de Jésus :
« Par Lui, nous avons reçu la grâce et l'apostolat afin de conduire tous les païens à l'obéissance dans la foi en Son nom.
Dont vous êtes aussi, vous, les appelés de Jésus Christ. »
(Romains 1.5-6)
Par contre, la lettre aux Ephésiens nous apporte une information précieuse sur le Plan de Dieu.
Depuis toujours, le Seigneur a conçu d'offrir au monde le don de Sa grâce.
Cette volonté de la Puissance céleste est restée cachée pendant des siècles, c'est donc un mystère que les Juifs, bénéficiaires de la première alliance, auraient pu cependant discerner par une écoute attentive des prophètes dont les écrits annonçaient cette ouverture au monde.
« C'est pourquoi moi, Paul, je suis le prisonnier du Christ pour vous, les païens.
Si du moins vous avez entendu parler de la mission que Dieu m'a accordée par Sa grâce en votre faveur.
C'est ainsi que me fut révélé le mystère au sujet duquel je vous ai déjà rapidement écrit.
Sur le fondement de ce que vous pouvez lire, vous comprendrez ce que j'ai pu apprendre du mystère du Christ.
Ceci ne fut pas communiqué aux autres générations. Il ne l'a pas révélé aux hommes comme maintenant par l'Esprit à Ses saints, apôtres et prophètes.
Il est donné aux païens d'être cohéritiers, membres du même corps, associés à la même promesse en Jésus Christ, par l'Evangile.
J'en suis devenu le serviteur, selon le don de la grâce que Dieu m'a donnée au gré de la manifestation de Sa puissance.
C'est à moi, le moindre de tous les saints, qu'incombe cette grâce d'annoncer aux païens l'impénétrable richesse du Christ.
Je dois mettre en lumière le contenu du mystère resté caché en Dieu depuis toujours, Lui qui a créé l'univers. »
(Ephésiens 3.1-9)
Un mystère caché aux yeux du monde, mais discernable par le peuple de Dieu puisque nous trouvons en Deutéronome 32.21 ces propos du Seigneur transmis par Moïse, selon la tradition :
« Eh bien ! Moi, je leur donnerai pour rival de qui n'est pas un peuple, par une nation folle je les offenserai. »
Ésaïe 65.1 nous restitue cette autre Parole du Seigneur à propos des païens :
« Je me suis laissé rechercher par ceux qui ne me consultaient pas, je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas. »
Une prophétie qui s'adresse à tous ceux qui, un jour ou l'autre, sans avoir grandi dans un milieu religieux, ont reçu la révélation qui allait donner du sens à leur vie.
Paul expose de façon similaire cette révélation en Colossiens 1.25-28
« J'en suis devenu le ministre en vertu du plan de Dieu qui m'a été confié : annoncer pleinement la parole de Dieu.
C'est ce mystère qui a été caché pendant des siècles et des générations, et qu'Il a maintenant révélé aux saints.
Dieu a voulu faire connaître parmi les païens quelle est la glorieuse richesse de ce mystère : Christ est en vous, l'espérance de la gloire ! »
Paul est fier de la mission qui lui a été confiée dans le cadre de son apostolat :
« Appelé à être serviteur de Jésus Christ auprès des païens, je me consacre à l'Evangile de Dieu, afin que les païens forment une offrande acceptable, sanctifiée par l'Esprit Saint.
A cause d'eux, j'ai la fierté d'être en Jésus Christ pour Dieu.
Car je n'oserai parler de quoi que ce soit, si ce n'est de ce que Christ a fait par moi pour conduire les païens à l'obéissance, par des paroles et des actes.
C'est par la puissance des signes et des prodiges, par la puissance de l'Esprit, que, depuis Jérusalem et de tous côtés jusqu'en Illyrie, j'ai pleinement annoncé l'Evangile du Christ. »
(Romains 15.16-19)
Et lors de son retour à Jérusalem, les apôtres qui avaient cotoyé Jésus n'ont pu que s'en féliciter, eux qui étaient demeurés parmi les Juifs :
« Ils s'aperçurent au contraire qu'il m'avait été confié de prêcher l'Evangile aux incirconcis comme à Pierre aux circoncis. » (Galates 2.7)
2. Juifs et païens.
Quand Jésus envoya Ses douze apôtres en mission, Il leur dit :
« Eloignez-vous du chemin des païens, et n’entrez pas dans une ville de Samaritains.
Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. »
(Matthieu 10.5-6)
Il se prononça dans un premier temps d'une façon similaire à l'égard d'une païenne qui Le suppliait de guérir sa fille :
« Je n’ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d’Israël. » (Matthieu 15.24)
Mais la foi et l'humilité exprimée par cette femme ont convaincu Jésus de se raviser :
« Alors Jésus lui répondit : "Femme, ta foi est grande. Qu’il en soit pour toi comme tu le veux." Et Il guérit sa fille à l’heure même. » (Matthieu 15.28)
Marc 7.26 apporte cette précision :
« Cette femme était grecque, d'origine syro-phénicienne. »
Jésus venait ainsi d'inaugurer l'ouverture au monde de la Grâce de Dieu.
Paul et Barnabas, confrontés aux Juifs qui rejetaient leurs prédications, en sont arrivés à la même position quand ils ont dit :
« Il fallait que ce soit à vous que l'on prêche en premier la parole de Dieu.
Puisque vous la repoussez, vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle. Voici, nous nous tournons vers les païens. »
(Actes 13.46)
A Corinthe, Paul confirme cette orientation quand il dit aux Juifs qui s'opposaient à lui et l'injuriaient :
« Que votre sang retombe sur votre tête ! J’en suis pur.
Maintenant, j’irai vers les païens. »
(Actes 18.6)
Arrivé à Rome, Paul est de nouveau exposé aux résistances des Juifs.
En réponse, il cite Ésaïe 6.10 comme l'avait fait Jésus :
« Le cœur de ce peuple s'est endurci. Ils entendent avec difficulté, ils ont bouché leurs yeux, de peur de voir de leurs yeux, d'entendre avec leurs oreilles. Qu'ils comprennent avec leur cœur et se convertissent, et je les guérirai ! »
Puis il ajoute : « Sachez donc que ce salut de Dieu a été envoyé aux païens, et eux l’écouteront !" » (Actes 28.27-28)
C'est par une allégorie comparant le Créateur à un potier que Paul présente l'extension du Plan de Dieu des Juifs vers les païens :
« Le potier n'a-t-il pas la maîtrise de son argile pour fabriquer, avec la même pâte, soit un vase de valeur, soit un vase ordinaire ?
Dieu a voulu montrer Sa colère et faire connaître Sa capacité à supporter avec beaucoup de patience des vases de colère prêts pour la perdition.
Et Il fait ainsi connaître la richesse de Sa gloire envers des vases de miséricorde préparés d'avance pour Sa gloire.
Ce sont ceux qu'Il a appelés comme nous, non seulement d'entre les Juifs, mais aussi d'entre les païens.
C'est ce qu'Il dit dans Osée : « J'apellerai mon peuple celui qui n'était pas mon peuple, et bien-aimée celle qui n'était pas la bien-aimée. »
(Romains 9.21-25)
Paul se livre ensuite à un magistral exposé en Romains 11.11-22 où il présente :
1. la chute des Juifs ... mais non leur déchéance définitive,
2. le bénéfice qui en résulte pour les païens, Israël pouvant ainsi réagir,
3. la plénitude annoncée quand ils seront restaurés,
4. car Israël est la souche de l'arbre, les païens une greffe,
5. et cette greffe peut toujours être retranchée suivant la volonté de Dieu.
« J'ajoute donc : "Ont-ils trébuché pour tomber ?" Loin de là ! Mais, grâce à leur faute, les païens ont connu le salut, pour exciter la jalousie.
Or, si leur faute a fait la richesse du monde, et leur échec la richesse des païens, quelle plénitude à venir pour eux !
Je vous le dis à vous, païens : "Pour autant que je suis apôtre des païens, je glorifie mon ministère."
J'espère en quelque sorte rendre jaloux ceux de mon sang, afin d’en sauver quelques-uns.
Car si leur mise à l'écart a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon le passage de la mort à la vie ?
Car si les prémices sont saintes, la pâte le sera aussi ; et si la racine est sainte, les rameaux le seront aussi.
Si quelques rameaux ont été élagués, toi, l'olivier sauvage, tu as été greffé à leur place et tu profites ainsi de la sève montant de la racine de l'olivier.
Ne fais pas le fier aux dépens des rameaux ! Si tu fais le fier, saches que ce n'est pas toi qui portes la racine, c'est la racine qui te porte.
Tu vas dire : "Des rameaux ont été élagués afin que moi je sois greffé."
C'est vrai, ils ont été élagués du fait de leur incrédulité, mais toi tu tiens par la foi. N'en sois pas prétentieux, mais crains plutôt !
Car si Dieu n'a pas épargné les rameaux naturels, il ne t'épargnera pas non plus.
Considère en ceci la bonté et la sévérité de Dieu. D'une part, la sévérité envers ceux qui sont tombés, et d'autre part la bonté de Dieu envers toi, si tu demeures dans la bonté. Autrement, tu seras toi aussi retranché. »
3. Une mission universelle.
La grâce universelle révélée par Jésus, dont Paul est devenu le messager, implique la justification pour tous ceux qui croient, indépendamment de la Loi.
« Mais à présent, la justice de Dieu a été manifestée sans la loi, ce dont attestent la loi et les prophètes.
C'est la justice de Dieu par la foi en Jésus Christ pour tous les croyants. Car il n’y a aucune distinction.
Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.
Mais ils sont gratuitement justifiables par Sa grâce, du fait de la délivrance accomplie en Jésus Christ.
C’est Lui que Dieu a destiné, pour ceux qui croient en l'expiation par Son sang, à être la démonstration de Sa justice, parce qu’Il avait laissé impunis les péchés antérieurs.
Au temps de Sa patience, Il montre Sa justice dans le temps présent, afin d'être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus. »
(Romains 3.21-26)
Dans le chapitre 4 de l'épître aux Romains, en s'appuyant sur la figure d'Abraham, Paul rappelle que celui-ci fut justifié par sa foi avant d'être circoncis :
« Abram eut foi en JHVH, et pour cela JHVH le considéra comme juste. » (Genèse 15.6)
En justifiant l'incirconcis sur le fondement de sa foi, JHVH annonçait avec Abram ce qu'il en adviendrait pour de multiples nations.
Pour illustrer cette perspective, JHVH lui montra le ciel et les étoiles en disant :
« Telle sera ta descendance. » (Genèse 15.5)
Ainsi, Paul peut poursuivre sa démonstration en se fondant sur les écrits de l'Ancien Testament : Joël 3.5 ; Ésaïe 52.7 ; Ésaïe 53.1.
« Car il n’y a pas de différence entre le Juif et le Grec, puisqu’ils ont tous le même Seigneur, qui est riche pour tous ceux qui L’invoquent.
En effet : "Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé."
Comment pourraient-ils invoquer Celui en qui ils n'ont pas cru ? Comment croiraient-ils en Celui qu'ils n'ont pas entendu ? Et comment L'entendraient-ils si personne ne le proclame ?
Enfin comment Le proclamer si personne n'a été envoyé ? Aussi est-il écrit : "Comme ils sont bienvenus les pieds de ceux qui annonçent de bonnes nouvelles !"
Mais tous n'ont pas accepté la Bonne Nouvelle. En effet, Ésaïe a dit : "Seigneur, qui a cru en notre prédication ?"
Ainsi la foi vient de ce que l'on écoute en écoutant la parole du Christ. »
(Romains 10.12-17)
L'Evangile s'est ainsi répandu dans le monde païen et Paul s'en réjouit.
Peu importe si certains sont malintentionnés ...
« Et la plupart des frères dans le Seigneur, encouragés par ma captivité, osent d'autant mieux annoncer la parole sans crainte.
Certains, il est vrai, prêchent Christ par envie et rivalité, mais d’autres le font en de bonnes dispositions.
Les uns agissent par amour, sachant que je suis là pour la défense de l’Evangile.
Les autres annoncent le Christ pour rivaliser, leurs intentions n'étant pas pures, ils pensent rendre ma captivité plus difficile.
Mais qu'importe ? De toute manière, que ce soit un prétexte, ou en vérité, le Christ est annoncé. Je m’en réjouis, et je m’en réjouirai encore. »
(Philippiens 1.14-18)
Paul nous a heureusement laissé des écrits, mais la transmission orale a largement contribué à la diffusion de l'Evangile.
Il invite Timothée à faire de même :
« Et ce que tu as entendu de moi en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes fidèles qui seront eux-mêmes capables de l'enseigner à d'autres. » (2 Timothée 2.2)
C'est ainsi que les disciples formés par Paul sont devenus des conducteurs spirituels formant de nouvelles assemblées :
« A Tite, mon véritable enfant dans notre foi commune : grâce et paix de la part de Dieu le Père et de Jésus Christ, notre Sauveur.
Je t'ai laissé en Crète afin que tu achèves d'organiser ce qui doit l'être encore en établissant des anciens dans chaque ville comme je te l'ai ordonné. »
(Tite 1.4-5)
Tout ceci n'aurait jamais pu s'accomplir sans la volonté du Seigneur qui supervise les opérations ...
« Il réconcilie ainsi avec Dieu les uns et les autres en un seul corps, par la croix. En elle, Il anéantit la haine !
Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez éloignés, et la paix à ceux qui étaient proches.
Car par Lui, nous avons accès les uns et les autres auprès du Père, dans un seul Esprit.
Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers, ni des émigrés. Mais vous êtes concitoyens des saints, membres de la maison de Dieu.
Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus Christ étant Lui-même la pierre angulaire. »
(Ephésiens 2.16-20)
L'Eglise, cet édifice spirituel, se devait d'unir et réconcilier l'humanité, avec l'espérance qu'un maximum d'êtres humains soient touchés :
« Il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.
Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus Christ fait homme.
Il s’est donné Lui-même en rançon pour tous. C’est là le témoignage rendu au temps fixé.
Pour cela, j’ai été établi héraut et apôtre. Je dis la vérité, je ne mens pas, chargé d’instruire les païens dans la foi et la vérité. »
(1 Timothée 2.4-7)
Unité et universalité forment les fondements de la volonté céleste :
« Et là, il n'y a ni Grec et Juif, circoncis et incirconcis, barbare, Scythe, esclave et homme libre, mais Christ qui est tout et en tous. » (Colossiens 3.11)
Une formidable vision que Paul ne peut s'empêcher de répéter et de reformuler :
« Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous êtes tous un en Jésus Christ. » (Galates 3.28)
Et ceci en toutes circonstances, comme il le rappelle à Timothée :
« Mais toi, demeure sobre en tout, supporte la souffrance, fais œuvre d'évangéliste, remplis ton ministère. » (2 Timothée 4.5)