Traduction Louis Segond 1910
1 Paul, prisonnier de Jésus-Christ, et le frère Timothée, à Philémon, notre bien-aimé et notre compagnon d'oeuvre,
2 à la soeur Apphia, à Archippe, notre compagnon de combat, et à l'Eglise qui est dans ta maison :
3 que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ !
4 Je rends continuellement grâces à mon Dieu, faisant mention de toi dans mes prières,
5 parce que je suis informé de la foi que tu as au Seigneur Jésus et de ta charité pour tous les saints.
6 Je lui demande que ta participation à la foi soit efficace pour la cause de Christ, en faisant reconnaître en nous toute espèce de bien.
7 J'ai, en effet, éprouvé beaucoup de joie et de consolation au sujet de ta charité ; car par toi, frère, le coeur des saints a été tranquillisé.
8 C'est pourquoi, bien que j'aie en Christ toute liberté de te prescrire ce qui est convenable,
9 c'est de préférence au nom de la charité que je t'adresse une prière, étant ce que je suis, Paul, vieillard, et de plus maintenant prisonnier de Jésus-Christ.
10 Je te prie pour mon enfant, que j'ai engendré étant dans les chaînes, Onésime,
11 qui autrefois t'a été inutile, mais qui maintenant est utile, et à toi et à moi.
12 Je te le renvoie lui, mes propres entrailles.
13 J'aurais désiré le retenir auprès de moi, pour qu'il me servît à ta place, pendant que je suis dans les chaînes pour l'Evangile.
14 Toutefois, je n'ai rien voulu faire sans ton avis, afin que ton bienfait ne soit pas comme forcé, mais qu'il soit volontaire.
15 Peut-être a-t-il été séparé de toi pour un temps, afin que tu le recouvres pour l'éternité,
16 non plus comme un esclave, mais comme supérieur à un esclave, comme un frère bien-aimé, de moi particulièrement, et de toi à plus forte raison, soit dans la chair, soit dans le Seigneur.
17 Si donc tu me tiens pour ton ami, reçois-le comme moi-même.
18 Et s'il t'a fait quelque tort, ou s'il te doit quelque chose, mets-le sur mon compte.
19 Moi Paul, je l'écris de ma propre main, je paierai, pour ne pas te dire que tu te dois toi-même à moi.
20 Oui, frère, que j'obtienne de toi cet avantage, dans le Seigneur ; tranquillise mon coeur en Christ.
21 C'est en comptant sur ton obéissance que je t'écris, sachant que tu feras même au delà de ce que je dis.
22 En même temps, prépare-moi un logement, car j'espère vous être rendu, grâce à vos prières.
23 Epaphras, mon compagnon de captivité en Jésus-Christ, te salue,
24 ainsi que Marc, Aristarque, Démas, Luc, mes compagnons d'oeuvre.
25 Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit !
|
Nouvelle traduction de la Bible
1. Paul, emprisonné pour Jésus Christ et Timothée, le frère, à Philémon, notre bien-aimé collaborateur.
2. A Apphia, notre sœur, et Archippe, notre compagnon d'armes, et à l'Eglise qui se réunit dans ta maison.
3. Que la grâce et la paix soient avec vous de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
4. Je rends grâce à mon Dieu en faisant toujours mention de toi dans mes prières.
5. J'ai entendu parler de ton amour et de ta foi envers le Seigneur Jésus et pour tous les saints.
6. Que ta communion dans la foi soit utile à la connaissance de tout le bien qui est en nous pour Christ.
7. Car j'ai ressenti, frère, une grande joie et du réconfort du fait de ton amour, et les cœurs des saints ont été rassurés.
8. J'ai beaucoup de liberté en Christ pour te prescrire ce qui est convenable.
9. Mais par amour, je préfère t'adresser une requête, en mon nom, Paul, un vieillard, qui est aussi maintenant emprisonné pour Jésus Christ.
10. Je te sollicite au sujet de mon enfant, que j'ai engendré dans les chaînes : Onésime.
11. Autrefois, il t'a été inutile, mais maintenant il est bien utile, à toi comme à moi.
12. Je te le renvoie, lui, qui est une partie de moi-même.
13. Je voulais le retenir près de moi, afin qu'il me serve à ta place, enchaîné pour l'Evangile.
14. Mais je n'ai rien voulu faire sans ton avis, afin que ce bienfait de ta part ne soit pas contraignant, mais spontané.
15. C'est peut-être pourquoi il t'a été ôté pour un temps, afin que tu le retrouves pour l'éternité.
16. Et non plus comme un esclave, car bien plus qu'un esclave : comme un frère bien-aimé, puisqu'il l'est pour moi, il le sera à plus forte raison pour toi, dans cette vie et dans le Seigneur.
17. Si donc tu me tiens pour compagnon, reçois-le comme si c'était moi.
18. S'il a commis quelque tort à ton encontre, ou s'il a quelque dette, impute moi cela.
19. C'est moi, Paul, qui t'écris de ma propre main : c'est moi qui payerai. Je ne devrais pas avoir à te dire que tu es aussi débiteur envers moi de ta propre vie.
20. Oui, frère, rends-moi ce service dans le Seigneur : donne-moi la paix au cœur en Christ !
21. Je t'écris car j'ai confiance en ton obéissance, sachant que tu iras au-delà de ce que je demande.
22. En même temps, prépare moi un logement. Car j'espère que, grâce à vos prières, je vous serai rendu.
23. Epaphras, mon compagnon de captivité en Jésus Christ, te salue.
24. Ainsi que Marc, Aristarque, Démas, Luc, mes collaborateurs.
25. Que la grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit !
|
Allez jusqu'au bout de l'Evangile !
|
Commentaires et annotations
Versets 1 à 25 : Etre frères en Christ
Paul était emprisonné, « dans les chaînes », et nous ignorons dans quelles circonstances il a fait la connaissance d'Onésime.
Onésime était un esclave, au service de Philémon, et il est possible qu'il se soit enfuit avant de rencontrer Paul, espérant peut-être que celui-ci interviendrait en sa faveur auprès de son maître, Philémon, qui compte parmi les disciples du Christ connus de Paul.
Devenu chrétien, Onésime retrouvera-t-il son statut d'esclave auprès de Philémon ?
Selon les règles de droit en vigueur en ce monde, l'esclave devait retourner à son maître.
Selon les règles de la foi, Paul semble espérer que Philémon fera preuve d'une grande mansuétude à l'égard de Philémon : « Je t'écris car j'ai confiance en ton obéissance, sachant que tu iras au-delà de ce que je demande. » (verset 21)
Ce faisant, Onésime serait délivré de ses "chaînes", celles de l'esclave appartenant à son maître terrestre, pour revêtir de nouvelles "chaînes", celles du disciple au service de son nouveau maître céleste : « Je voulais le retenir près de moi, afin qu'il me serve à ta place, enchaîné pour l'Evangile. » (verset 13)
C'est alors qu'il était « dans les chaînes » que Paul a pu contribuer à la conversion d'Onésime : « Je te sollicite au sujet de mon enfant, que j'ai engendré dans les chaînes : Onésime. » (verset 10)
Délivré des chaînes de l'esclavage pour revêtir les chaînes du Seigneur auprès d'un homme, Paul, qui était couvert de chaînes dans sa prison pour avoir revêtu les chaînes de la foi ... tout dans cette lettre semble tourner autour de cette problématique de l'enchaînement.
Sommes-nous libres ... ou ne sommes-nous pas, d'une façon ou d'une autre dans ce monde, soumis à toutes formes de dépendances qui sont autant de liens qui nous entravent ?
Avons-nous choisi nos liens ?
Avons-nous répondu ou refusé l'appel du Seigneur qui nous propose des "chaînes" pour Le suivre et être « enchaîné pour l'Evangile » ?
Ce faisant, nous allons devenir véritablement "utiles", comme Onésime ... « Autrefois, il t'a été inutile, mais maintenant il est bien utile, à toi comme à moi. » (verset 11)
Les chaînes de l'esclavage terrestre nous rendent inutiles, spirituellement, celles de la foi nous rendent utiles au Seigneur. Nous pourrons alors peut-être recevoir pour nouveau nom : « Onésime » !
Car ce prénom provient d'un mot grec, "onèsimos", qui signifie : utile !
Après avoir vécu sous les multiples formes des chaînes de l'esclavage terrestre, nous deviendrons des vainqueurs, porteurs d'un nom nouveau :
« Au vainqueur, Je donnerai de la manne gardée en réserve et Je lui donnerai un caillou blanc. Sur le caillou, un nom nouveau est inscrit, personne ne le connaît sinon celui qui le reçoit. » (Apocalypse 2.17)
|