Traduction Louis Segond 1910
1 Ainsi, qu'on nous regarde comme des serviteurs de Christ, et des dispensateurs des mystères de Dieu.
2 Du reste, ce qu'on demande des dispensateurs, c'est que chacun soit trouvé fidèle.
3 Pour moi, il m'importe fort peu d'être jugé par vous, ou par un tribunal humain. Je ne me juge pas non plus moi-même,
4 car je ne me sens coupable de rien ; mais ce n'est pas pour cela que je suis justifié. Celui qui me juge, c'est le Seigneur.
5 C'est pourquoi ne jugez de rien avant le temps, jusqu'à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins des coeurs. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due.
6 C'est à cause de vous, frères, que j'ai fait de ces choses une application à ma personne et à celle d'Apollos, afin que vous appreniez en nos personnes à ne pas aller au delà de ce qui est écrit, et que nul de vous ne conçoive de l'orgueil en faveur de l'un contre l'autre.
7 Car qui est-ce qui te distingue ? Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l'avais pas reçu ?
8 Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, sans nous vous avez commencé à régner. Et puissiez-vous régner en effet, afin que nous aussi nous régnions avec vous !
9 Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes.
10 Nous sommes fous à cause de Christ ; mais vous, vous êtes sages en Christ ; nous sommes faibles, mais vous êtes forts. Vous êtes honorés, et nous sommes méprisés !
11 Jusqu'à cette heure, nous souffrons la faim, la soif, la nudité ; nous sommes maltraités, errants çà et là ;
12 nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains ; injuriés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons ;
13 calomniés, nous parlons avec bonté ; nous sommes devenus comme les balayures du monde, le rebut de tous, jusqu'à maintenant.
14 Ce n'est pas pour vous faire honte que j'écris ces choses ; mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés.
15 Car, quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n'avez cependant pas plusieurs pères, puisque c'est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l'Evangile.
16 Je vous en conjure donc, soyez mes imitateurs.
17 Pour cela je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur ; il vous rappellera quelles sont mes voies en Christ, quelle est la manière dont j'enseigne partout dans toutes les Eglises.
18 Quelques-uns se sont enflés d'orgueil, comme si je ne devais pas aller chez vous.
19 Mais j'irai bientôt chez vous, si c'est la volonté du Seigneur, et je connaîtrai, non les paroles, mais la puissance de ceux qui se sont enflés.
20 Car le royaume de Dieu ne consiste pas en paroles, mais en puissance.
21 Que voulez-vous ? Que j'aille chez vous avec une verge, ou avec amour et dans un esprit de douceur ?
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Nouvelle traduction de la Bible
1. Ainsi, que l’on nous regarde comme serviteurs du Christ chargés de gérer les mystères de Dieu.
2. Or, en toutes circonstances, ce que l'on attend des gérants, c'est qu'ils soient fidèles.
3. En ce qui me concerne, il m’importe fort peu d’être jugé par vous, ou par un tribunal humain. Je ne me juge même pas moi-même.
4. Car ma conscience ne me reproche rien. Mais ce n’est pas pour cela que je suis justifié. Celui qui me juge, c’est le Seigneur.
5. Aussi, ne jugez de rien avant le moment, avant que vienne le Seigneur. Il mettra en lumière ce qui est secrètement dans les ténèbres, et manifestera les desseins des cœurs. Alors chacun recevra de Dieu sa part de louange.
6. C’est à cause de vous, frères, que j’ai adapté mon discours à moi-même et à Apollos, afin que vous appreniez "qu'il n'y a rien au-dessus de ce qui a été écrit." Ainsi, qu'aucun de vous ne se glorifie de l’un contre l’autre.
7. En effet, qui te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te faire valoir comme si tu ne l’avais pas reçu ?
8. Déjà, vous êtes rassasiés, vous êtes déjà riches et vous régnez sans nous. Si seulement vous régniez pour que nous régnions aussi avec vous !
9. Car il me semble que Dieu nous a exposés, nous les apôtres, comme les derniers, comme des condamnés à mort. Nous avons été donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes.
10. Nous sommes fous à cause du Christ, tandis que vous êtes sages en Christ. Nous sommes faibles et vous forts. Vous êtes glorieux, et nous méprisés.
11. Jusqu'à ce jour, nous avons faim et soif, nous sommes nus, maltraités et sans domicile.
12. Nous peinons en travaillant de nos propres mains. Insultés ? Nous bénissons ! Persécutés ? Nous supportons !
13. Calomniés ? Nous consolons ! Jusqu'à maintenant, nous sommes devenus comme l'ordure du monde, le résidu de tous.
14. Je n'écris pas ceci pour vous faire honte, mais pour vous avertir comme mes enfants bien-aimés.
15. Auriez-vous des milliers de pédagogues en Christ, vous n'auriez pas plusieurs pères, car c'est moi qui vous ai engendrés en Jésus Christ, par l'Evangile.
16. Je vous exhorte donc à devenir mes imitateurs.
17. C'est pour cela que je vous ai envoyé Timothée, mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur, qui vous rappellera quelles sont mes voies en Christ, comme je les enseigne partout, dans chaque Eglise.
18. Certains se sont vantés comme si je ne devais pas revenir chez vous.
19. Mais je viendrai sans tarder chez vous si le Seigneur le veut, et je prendrai connaissance non de la parole des vantards, mais de leur puissance.
20. Car le Royaume de Dieu n'est pas fait de mots mais de puissance.
21. Que voulez-vous donc ? Que je vienne chez vous avec un bâton, ou avec amour dans un esprit de douceur ?
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Allez jusqu'au bout de l'Evangile !
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Commentaires et annotations
4.1 à 4.21 : Que sommes-nous ?
Dans sa lettre adressée aux chrétiens de Corinthe, Paul tient à les mettre en garde contre toutes formes de vanité.
Ceux qui ont notamment reçu des dons de l'Esprit Saint ne doivent pas s'en vanter ... ceux-ci ne viennent pas d'eux, mais de Dieu.
« En effet, qui te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te faire valoir comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (verset 7)
Par extension, nous ne pouvons non plus nous vanter d'exister, ou d'avoir "réussi" car le don de la vie vient du Créateur qui a délégué ce pouvoir à nos parents.
Nos réussites sont bien souvent le produit d'un environnement ou de circonstances qui nous ont été favorables.
La conscience d'exister ne vient pas non plus de nous.
Les "enfants sauvages" qui ont survécu et ont été retrouvés, élevés par des animaux, n'émettent que des grognements pour exprimer le niveau de conscience qu'ils ont acquis.
Le Professeur Albert Jacquard écrivait dans l'un de ses ouvrages :
"Je dis JE parce qu'on m'a dit TU ...".
Que serai-je si personne ne m'avait parlé ?
Je dois à Dieu, à mes parents, à mes éducateurs ... d'avoir appris à parler, lire, écrire, d'avoir suivi des études plus ou moins poussées.
Je leur dois d'avoir un emploi, une famille, des amis, d'avoir favorisé ce qui pouvait me permettre de m'épanouir dans la vie.
Combien de fois entendons-nous cette vantardise exprimée avec de multiples variantes :
"Moi, je suis arrivé par moi-même !".
Attention aux "Moi, je ...", ce qui va suivre est souvent lourd à entendre ...
Méfions-nous de cet "Ego" qui est à la racine du mot "égoïsme" !
A moins de confesser, par exemple :
"Moi, je ne suis que le produit de mon environnement.
J'appartiens à l'espèce humaine qui a la capacité héréditaire de produire des démarches autonomes d'apprentissage et de comportement.
J'ai donc la faculté de transformer, pour le meilleur comme pour le pire, ce que j'ai acquis.
On peut appeler cela le libre arbitre."
Ainsi, en toute humilité, nous pouvons être meilleurs ... en toute vanité, nous serons les pires !
Confronté à l'état d'esprit des chrétiens de Corinthe, Paul devient menaçant (verset 21).
Que ferions-nous dans une telle situation ?
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